à l’oreille





hORNS Aria III Mk2
Humanité 2.0

Par LeBeauSon - Octobre 2022


Perception d’ensemble

Bon…

… Quand on peut, pour environ 5 000 €, se faire plaisir avec une perle d’Ambre Musical élégamment proportionnée, dont on peut choisir la finition en sachant que le niveau en est superlatif, le tout pour pouvoir goûter, vivre de l’intérieur, s’enivrer de tout type de musique à quelque niveau sonore que ce soit et même s’offrir du très très grand spectacle, ça mérite quand même d’aller jeter une oreille…

Une troublante découverte.

Alors, un Diamant sur Canapé ? On a hésité… Vous lirez pourquoi.

DIAMs 61 ORANGE

 

NB : Code couleur pour ce banc d’essai : Orange, de 3 200 à 6 500 €.

L’Aria III étant proposée à 5 300 €.

La paire !

Quelle que soit la finition.

hORNS Aria 3 1

Si vous êtes un familier de nos colonnes, vous avez sans doute compris que, pour certains des objets que nous testons, nous nous faisons assez rapidement un avis ; avis que, ensuite, nous vérifions soigneusement en multipliant les extraits de disques et les combinaisons d’appareils amont et aval ainsi que les câbles pour cerner le caractère du « cobaye ».

Je ne parle pas de mauvais produits : ceux-là - paradoxalement ? - consomment beaucoup de temps de travail afin d’être sûrs de ne pas passer à côté de quelque chose. Et si la médiocrité se confirme, on présente nos excuses au fournisseur en disant qu’on n’a pas compris et le Boss ne publie pas.

Ce qui explique que nous ne trouvons pas facilement des candidats à l’honnêteté intellectuelle.

Et puis… Il y a les produits qui nous interpellent (une expression que je détestais en son temps) par ce qu’ils apportent de…

… De quoi ?

De sensibilité, de naturel, de vérité brute ? De doutes ?

Ou parfois un atout très spécifique ? Oui, ça arrive aussi ; récemment par exemple la Mach 2 de Grandinote. Ou la PMC 25.24i, pour ne parler que d’enceintes.

Des créations qui nous incitent sans effort non seulement à écouter beaucoup de musique(s), mais souvent les albums entiers ; à l’exception de : Der Ring des Nibelungen, soit ; que voulez-vous, on a un métier. C’est bien joli la passion, mais faut manger.

Des créations qui font qu’on oublie de prendre des notes.

 

Des créations nous rappelant qu’on retient l’essence des choses en les appréhendant dans leur globalité, pas en se concentrant sur de menus détails.

Alors il nous faut recommencer les écoutes, afin d’objectiviser les critères.

L’enceinte Aria III Mk 2 du fabricant hORNS est évidement de celles-là, heureux cocktail de musique et d’alchimie.

C’était l’introduction.

Fort heureusement, nous avons écrit une présentation de la marque dans un précédent et récent test consacré à une autre Perle d’Ambre : la FP10 Mk3

Dans un tout autre look.

Maintenant, la star du jour :

L’Aria III Mk2

Côté look, celui de l’Aria III est particulièrement agréable ; colonne élancée aux dimensions équilibrées, d’un très (très !) haut niveau de finition.

Les dimensions ? 1200 x 300 x 360. Attention, ces cotes incluent le débordement du pavillon dans toutes les dimensions. Visuellement, elles font plus fines. 1120 x 250 x 291. Mais pas plus légères : 38 kg redevables à des parois de 28 mm et quelques renforts.

Parmi ces détails qui font la différence, on apprécie les courbures des champs latéraux qui accompagnent le cercle du pavillon, ou la chambre de compression comme le fond de l’évent dissimulés par un tissus noir, ou la couleur de l’évent reprenant celle qu’on aura choisie pour le pavillon.

Si le modèle en test est dans une finition ébène vernis brillant et pavillon or nacré, l’enceinte est livrable avec 20 types de finitions bois possibles et le catalogue RAL si on préfère une finition peinte, mate ou grand brillant (laquée, pour reprendre l’appellation un peu galvaudée), au choix. Idem pour les finitions bois qui peuvent aussi être vernies mat ou brillant.

Deux barres d’aluminium fournies avec des cônes sophistiqués viennent soutenir et équilibrer la colonne aux bords arrondis. En fonction de la finition choisie, les supports alu seront noirs ou naturels.

La particularité esthétique (en fait technique) de cette colonne est – on l’a déjà dit - d’être munie d’un « pavillon avant » qui, « chargeant » une chambre de compression 1 pouce à membrane aluminium, couvre une zone de fréquences semble-t-il assez large, quand bien même on ne peut pas dire qu’on soit abreuvés d’informations. Le profil du pavillon est surprenant car passée une gorge pas vraiment profonde, il se développe très rapidement, probablement dans le but de bien charger le bas de son spectre plutôt qu’énergiser le haut.

Il sonne mat au toucher ; pas un polymère thermo plastique donc, ni du bois, comme on en voit souvent sur les enceintes à pavillon avant. Plus probablement un béton polymère.

Cela précisé sans le moindre préjugé.

Pavillon comme évent de la charge bass-reflex peuvent eux aussi être habillés de toute couleur RAL.

Le haut-parleur qui prend en charge le bas du spectre est un 21 cm. Voilà.

J’ai réussi à apprendre que les composants de filtre sont d’origine Jantzen pour le grave et Mundorf pour le reste. Le bornier est un WBT de la série Nextgen.

Ce n’est pas dans nos dogmes de démonter les appareils pour en exposer les entrailles, sauf si on nous le suggère. Le talent ne se mesure pas à la frime technologique, loin de là. Ni à l’oscilloscope (un symbole de tout instrument de mesure ; connaissant nos détracteurs, je préfère le préciser). Qui ne dit pas tout. Ouh, là… ça c’est une peau de banane jetée sous les pieds du patron !

Le paradoxe technique apparent est que, avec de tels transducteurs, on aurait pu s’attendre à un rendement élevé. Or, le concepteur annonce modestement 86 dB pour une impédance moyenne de 8 ohms. Interrogé sur cette bizarrerie, la réponse laconique est : « je donne les vrais rendements ».

Oui. Bon. Hum. M. Lewandowski n’est pas vraiment un bavard.

Cela dit, l’expérience prouvera qu’en effet on a l’impression d’avoir affaire à un rendement plus élevé, à preuve la facilité à alimenter les Aria III MK2 avec des amplis à tubes pas particulièrement puissants, mais soigneusement sélectionnés (c’est-à-dire avec une bonne tenue), et surtout la liberté dynamique « spontanée » qui est plus souvent celle du haut-rendement. Sans les défauts fréquents d’icelui.

De là écrire qu’elle est facile à alimenter il y a un pas qui, en l’occurrence, tient du fossé.

On vous expliquera au fil des écoutes.

 

Note du Boss :

Après avoir vu, photographié, écouté les hORNS en question, je me permets d’insister à propos d’un point sur lequel je trouve le rédacteur trop timoré :

Le prix des belles permet l’association par un arbitrage du budget favorisant des électroniques coûteuses (voir ostentatoires) :  un paradigme de nature à réjouir, peut-être même flatter, l’acquéreur.

Quoi de mieux que des colonnes aussi élégantes d’un simple coup d’œil que dans les moindres détails, qui favorisent l’association à des électroniques remarquables que les Aria III magnifient et justifient. 

De quoi se draper de satisfaction dans son canapé de détenir un objet luxueux par la noblesse de ses lignes et son lyrisme, renforcée par la rareté de sa distribution : faire ainsi partie des rares élus, des avisés. L’Aria III n’est pas l’enceinte de monsieur tout le monde. Et c’est tant mieux.

L’offre hORNS est inédite en France… Les tournées du distributeur commençant à peine, les hORNS et cette Aria seront sans doute un peu difficiles à trouver dans un premier temps. 

 

  • … Moi, timoré ?
  • Oui !

… Je préfère ne pas relever…

Ecoutes menées sur : Acoustic Solid Vintage Full Exclusive + Ortofon Quintet Black + Michell Orbe + bras Sorane + Lyra Kleos + Hana ML + Vida + Grandinote Celio, Atoll ST300, Eera Majestuoso II et Ångtrom Zenith ZDA71, Merason DAC1, Accuphase DG68, Atoll IN300, Accuphase E380, Serblin Frankie D et Performer, Grandinote Shinai, Ängtrom Zenith ZIA100, Alef Prima + La Musica, Tsakiridis Aeolos Ultra et Ultima, câblage Wing, Legato, Nodal, Mudra.

Ouais… On n’a pas chômé.

hORNS Aria 3 2

Réalisme des détails :

Si je commence par cette rubrique, c’est parce qu’elle nous place illico face à une des taquineries « ambiguës » de cette enceinte.

Le pouvoir de résolution est extrêmement élevé, et même franchement inhabituel. Mais on ne le détecte pas forcément pas d’emblée car jamais ce piqué objectif ne repose sur une brillance, une extraction, un éclairage pointé, une sveltesse osseuse : un sens subtil et naturel du corps et plus encore des matières brode un déploiement gouleyant d’enveloppes de notes, au profit de phrasés jamais interrompus par des silences vides.

Ainsi, au-delà d’une présence physique affirmée, d’une conquête – courtoise - de votre salon par des matériaux, textures, chair et colonne vertébrale palpables, l’enceinte hORNS ne se départit en aucun cas d’une grande douceur sans évidemment la moindre troncation ou érosion sur une attaque tendue de violon, la raclure abrasive d’une guitare saturée, l’impact claquant de la baguette sur la caisse claire : elle impose une autorité et une fascination, comparable en cela à ces êtres charismatiques qui n’ont pas besoin de hausser la voix pour se faire entendre et assoir leur suprématie.

Mieux que beaucoup, l’Aria III, tisserande de lumières, d’impressionnistes à expressionnistes, sait respecter les dégradés, les perspectives et les reliefs ou bas-reliefs, les ombres.

Cette capacité à modeler idéalement les instruments, les êtres (ça semble vrai pour tous les modèles de la marque que nous avons écoutés) étant préservée sur l’intégralité de l’échelle des dynamiques, le corollaire immédiat est que l’on peut grimper le niveau sonore vers une gamme déraisonnable de décibels sans souffrir de la moindre agressivité, projection, perte de stabilité… Ce qui demandera un amplificateur disposant d’un peu de souffle, soit. Et pas bourrin.

Nous avons par exemple vécu un partage d’une louable intensité lors de la prospection sensible des entrailles de l’album biscornu Daumenbruch (2022) du groupe Faust.

Considérée comme un précurseur du Krautrock, cette formation « allemande » (des guillemets car un des vétérans est français : Jean-Hervé Péron, c’est très franchouillard, non ?) à géométrie variable née en 1971, a fait évoluer très diversement ses expérimentations vers des contrées indéfinissables de chamarrées à ténébreuses.

J’évoque le partage car parmi les quatre personnes alors présentes, deux ne sont pas ordinairement adeptes de ce « type » de rock progressif industriel sombre et oppressant.

L’opus certes calme est quand même pour le moins inquiétant, sorte de mécanisme d’horlogerie géant astreignant des engrenages grippés à égrener inexorablement le poids du destin aux arômes de rouille et de vieille huile. Le tout sans la moindre pause, le moindre arrêt, même entre les trois plages couvrant presque une heure.

Aria III – certes sur un couple préamplificateur + amplificateur Alef pour cette expérience -, nous concocte un voyage hallucinatoire au cœur même de l’éreintante mécanique avec la minutie de l’exploration orientée que permet la décomposition animée en 3D par une CAO sophistiquée, en plus naturelle, d’un mécanisme de montre Patek, un moteur Ferrari, ou tout ce qu’on veut. Et ce, aussi bien dans les zones d’ombres où l’extrême grave est malaxé tel le magma par un sorcier fou que dans les effets de percussions métalliques aussi présentes et même burinées dans la pièce que si nous étions dans la forge des Nibelungen (décidément !).

Oui le choix d’un tel niveau d’électronique, Ångtrom Zenith ZDA71 + Alef Prima + La Musica, ne semble pas proportionné au prix de l’enceinte… Or c’est bien là toute la difficulté, parfois, de l’exercice de critique : nous avons failli passer à côté du potentiel élevé de ces enceintes pour les avoir circonscrites dans un étau de cohérence de prix, pas de qualité absolue.

NB : ne croyez pas que coller des électroniques de compétition sur une enceinte plus modeste relève de la baguette magique ; bien au contraire : rares sont les candidates, y compris parmi celles que nous apprécions ou avons appréciées, qui acceptent le trop-plein, le déluge de données et d’énergies lorsqu’elles sont saturées par des éléments amonts qui les surclassent ou simplement les déclassent.

Alors que, sur Aria III, si les combinaisons ne sont pas à la hauteur, on peut non seulement ne pas rendre hommage à cette formidable enceinte, mais aussi la déséquilibrer par un grave mal tenu, un peu baladeur en précisant toutefois - encore un paradoxe – qu’il ne manque pas de définition pour autant. Il n’est tout simplement pas à sa place sur quelques notes très basses, manifestation jamais dérangeante sur du classique, mais parfois sur quelques errances basses en électro par exemple.

Pour nous, le constat relève du changement de paradigme : sortir par le haut un objet de son environnement de prix, surtout une enceinte !

Mais le résultat final le mérite amplement !

Le ressenti d’une profondeur organique des sons dans un univers pourtant poisseux s’est renouvelé avec une configuration peu fréquente du désarroi viscéral à l’écoute de l’Imprudence (extrait de l’Imprudence), Bashung, en vinyle et sur un intégré Ångtrom Zenith ZIA100.

Les morsures de Banshee de l’harmonica ne s’apparentent pas, pour une fois, à des coups de scalpels d’un adepte de la série Saw !

Serait-ce par manque de mordant sur les fronts d’onde ?

Absolument pas !

Tout simplement grâce aux dégagements harmoniques et temporels quasi idéaux là où, le plus souvent, ils sont amalgamés.

On constatera le même phénomène sur un Freischütz (Weber) dont je parlerai plus tard.

Et, à l’opposé du spectre, les pulsations volcaniques ondoyant sous la bourbe poisseuse rappelant la séquence effroyable du Salaire de la Peur où le 10 tonnes Corbitt conduit par Mario broie la jambe de Jo - le lâche rédempteur - coincé dans une mare de boue de pétrole (la version d’Henri-Georges Clouzot donc), prennent le corps de l’auditeur dans l’étreinte visqueuse d’un tourbillon subsultant.

Emergeant à peine des épais torons d’un arrangement à la fois glacial et divin, digne du Mythe de Cthulhu, la voix fatiguée, éraillée, de Monsieur Bashung égrappe un thrène en sprechgesang désabusé disparaissant dans les chuintements saturés et cliquetis artificiels d’une lecture vinyle simulée…

Aria III ne cherche jamais à éclairer artificiellement ce voyage aux confins de Francis Bacon et Edgar Poe - miaulements plaintifs et décapants des guitares électrique s’opposant à l’alacrité d’une guitare sèche d’une sensibilité inouïe, les déformations numériques, les martèlements rythmiques sourds, le carillon tubulaire -, et choisit de nous laisser divaguer dans ses pénombres naturelles en nous octroyant la précieuse nyctalopie d’un psychagogue et son privilège d’errer avec fascination dans l’univers ensorcelant si particulier de cet album hors norme *.

DIAMs 61 ORANGE

 

hORNS Aria 3 3

Richesse des timbres et équilibre tonal :

Webern n’est pas un compositeur prolifique (encore que Lieder, Cantates, etc. en cumulé, ça fait beaucoup), mais surtout il avait l’habitude (l’obsession ?) d’aller à l’essentiel !

Les Six Pièces pour Grand Orchestre Op 6 et Cinq Pièce pour Orchestre Op 10, œuvres de jeunesse donc, sont un modèle d’épure.

Pierre Boulez écrivait en 1957 : « C'est la première œuvre (Opus 6) où Webern emploie un orchestre aussi nombreux. Il l'utilise parfois pour des effets massifs à pleine sonorité, contrastant avec un emploi par divisions de timbres d'une extrême sûreté et d'une rare délicatesse.

L'écriture s'y affranchit déjà totalement de la tonalité ; quant à leur style, il appartient à cette première période de l'œuvre de Webern, plus immédiatement séduisante que toute autre dans son baroquisme raffiné, très ornementé, en opposition avec une brutalité et une violence qui rejoignent le Stravinsky du Sacre.

Si l'on imagine ces pièces écrites en 1910 par un jeune homme de 27 ans (Boulez en a alors 32), on est confondu devant la puissance d'imagination, devant la prescience, la « voyance » de ce magicien solitaire. Quarante-sept ans plus tard, elles témoignent encore d'une verdeur et d'une invention surprenantes... quarante-sept ans, un temps bien suffisant comme séjour au purgatoire de l'incuriosité et de l'apathie » **

Perles magnifiques de brièveté, tenant parfois de l’obituaire, concision et précision, frémissante ou éclatante, intelligence conceptuelle et tension dramatique, on sent la sublimation du style de l’élève qui impose d’emblée une physionomie unique (Op 6) et dépasse le maître (Schoenberg) dès l’Op 10 où, en quelques mesures, Webern semble concentrer l’acmé de plusieurs siècles d’évolution de la musique.

Parmi les grandes lectures, il y a Karajan, Levine, Kegel ou Craft (plus pédagogue) et, bien sûr, Boulez avec le LSO chez CBS, pressage allemand de 1980.

Que ce soit le mystérieux début de l’Opus 6 Etwas Bewegt et son jeu de timbres d’une rare pureté, les grondements introductifs lents et bourdonnants de la Marche Funèbre, quasi subliminaux, montant lentement vers la terrible déflagration du cluster final de la pièce la plus longue (4 minutes !) de l’œuvre, l’Aria III mûrit une hallucinante infrutescence d’harmoniques, couleurs et concrétisation – de soyeuse à adamantine - des matériaux ; et ce, ciselant un relief interne de chaque instrument qu’on entend que très rarement, renvoyant à la triste réalité qu’on aurait pu se faire piéger par le « vil » prix de ces très grandes enceintes qui méritent le meilleur.

Là aussi constat de prix relatif puisque, à ce moment précis, nous sommes sur l’intégré Zenith ZIA100 et un pré-phono Grandinote Celio.

Le travail de timbres effectué par le très respectueux Bertrand Chamayou déposant à nos pieds une version de référence des Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus (Messiaen, qui d’autre ?) est proprement bouleversant, surtout transmis par Aria III et Aeolos Ultima (en mode Ultra-linéaire).

Chamayou définit l’odyssée prophétique comme une « œuvre-monde ».

On comprend parfaitement ce qu’il veut dire tant sa « Vision » sait réunir puissance expressive, ferveur mystique et études pianistiques, aussi bien dans les enchaînements d’accords inéluctablement intriqués que les variations rythmiques inopinées et une main gauche maniant l’acier comme le velours de diaprures insensées sur un piano magnifiquement charpenté où les 500 kg sont clairement implantés par l’intermédiaire de l’enceinte hORNS, incluant ce nécessaire ingrédient de la plausibilité : une colonne vertébrale cohérente impliquant la substance du grave jusque dans les aigus pour une intégration harmonique vraie.

Car : « la vérité, frappée d'un éclairage intolérant et d'une intensité partiale devient mensonge »

 

Hum…

Les auditeurs présents (3 lors de cette découverte) ont été happés par cet acte de foi ô combien bouleversant qui peut facilement être incroyablement chiant (oohhhh !) si le système de reproduction - la courroie de transmission entre l’artiste et le mélomane -, n’est pas à la hauteur.

J’en sais quelque chose pour avoir découvert ce disque lors du test d’une paire d’enceintes dont le distributeur nous a interdit la publication… Faut dire que…

Ah non, faut pas dire.

Sur Aria III, l’œuvre déborde de Passion de bout en bout, d’une modernité inouïe qui invoque de temps en temps le meilleur du contemporain iconoclaste, bouleverse les codes au point qu’on se demande comment Yvonne Loriod a pu surmonter (et su, sans aucun doute) une épreuve aussi contrastée et « sportive », pétrie de discordances étourdissantes. Je connaissais ce « monument » par l’éminent « Messieanique » (hum) Roger Muraro mais, si engagée qu’il soit, il n’atteint pas la démesure prolixe maîtrisée de bout en bout de Chamayou.

Bon, faut que j’écoute Madame Loriod

Et puis tiens, allez, je vais quand même relativiser l’enthousiasme.

Si l’aisance d’Aria III à peupler notre pièce des timbres les plus ornementés qu’exigent moult musiques est incontestable, je n’oublie pas ce que j’ai esquissé dans la rubrique précédente, à savoir que l’équilibre tonal peut parfois basculer si l’ampli n’est pas à la hauteur.

Et, par là je ne veux pas dire mauvais ampli, mais simplement pas armé pour « dompter » les aptitudes sauvages d’une telle enceinte, toutes questions qu’on ne se poserait pas si elle était proposée dans ce qui devrait être sa vraie gamme : au bas mot 8 000 € mais plus probablement entre 10 et 12 000 !

Parce que naturellement, on ne chercherait pas forcément à l’associer avec un ampli à 2 ou 3 000 € ou moins.

 hORNS Aria 3 8

 

 

Toutefois, pour info, le rodage aidant, de nouveaux essais menés sur les décidément surprenants Serblin & Son Frankie et Performer, ainsi qu’un Atoll IN300 (très enthousiasmante association !) ou encore un Tsakiridis Aeolos Ultra nous ont rassurés : ça le fait, et même plutôt bien

 

Simplement, on sait qu’on peut aller beaucoup, beaucoup plus loin.

Que se passe-t-il avec des amplis réussis mais un peu légers côté poigne ?

Oh, ce sera beau, mais une partie du grave ne sera séduisante que pour ces hifistes qui trouvent normal qu’une contrebasse ressemble par moments au Bibendum.

Dans l’absolu, rien de rédhibitoire – somme toute, on a déjà pardonné le phénomène à des enceintes hors de prix - on peut même aimer ça ; mais il faut accepter que, sur certaines pièces électro modernes où les productions abusent souvent du trop-plein de grave ou d’extrême grave (afin de créer des sensations en écoute au casque ou sur des enceintes d’ordinateur ?), il faudra négocier l’entente cordiale avec les voisins.

A noter que le phénomène semble s’estomper grandement avec le rodage, constat mentionné ci-dessus. Nous avons récupéré des enceintes neuves, une fois de plus (est-ce un grrr ???? Oui ! Oh oui !!!!). Mais bon.

Ce trouble a pu arriver sur quelques notes éparses de Ugly Seasons par Perfume Genius ; sur un seul morceau en fait – Herem -, ne nuisant en rien à la définition du grave, comme déjà expliqué.

Je n’avais pas prévu de parler de ce nouvel album expérimental des deux amis de Seattle Mike Hadreas et Allan Wyffels, mais le résultat est si envoûtant que ce serait dommage de ne pas s’attarder sur le mélange mélancolique de longs discours mélodiques instrumentaux, de fluctuations détorses, de jaillissements pianistiques cérébraux pas des plus obvies, d’énervements soudains, de la fugue au reggae, de fuselé des timbres assimilant la voix androgyne du chanteur en ajout textural.

De longues plages, au risque d’être un peu répétitives, nous laissent hors sol ; et l’Aria III – alors que nous avons insisté sur son sens de la densité, du corps - suit avec une complicité évidente l’onirisme souvent fragile de ce fort acte de musique.

Bon, depuis le début, on ne peut pas dire qu’on fasse dans la légèreté côté musique. Promis, on va rectifier le tir.

Timbres :

DIAMs 6 1 ORANGEs copie

 

 

Il ne faudrait pas oublier le prix. Vive la Pologne. Et surtout un fabricant qui ne se prend les pieds entre industrie et ambition du luxe.

Equilibre tonal :

De DIAMs 3 ORANGEs à DIAMs 6 ORANGEs

Avec le bon ampli, vous n’aurez que le meilleur ! Or, le rodage aidant, on s’aperçoit que les réserves sont nettement repoussées.

 

hORNS Aria 3 4

Scène sonore :

Lors du test d’un Convertisseur / Lecteur réseau Ångstrom Zenith ZDA71 (à paraître ou paru, je ne sais pas, ce n’est pas moi qui définis la ligne éditoriale), j’ai écrit :

« Der Freischütz de Carl Maria Von Weber dans la très récente livrée de René Jacobs réalise une démonstration quasiment par l’excès d’un panorama sonore se déployant très au-delà des enceintes et de la profondeur de la scène virtuelle, excès qui ne fait pas contresens avec ceux du « musicologue » Jacobs qui a voulu insérer dans sa lecture les effets « visuels » d’une version - de fait aveugle - par des effets sonores parfois plus comiques qu’utiles.

Soit, la mise en ondes déborde d’un cadre « plausible » mais sans pour autant déformer ni les musiciens, ni la scénographie, au contraire d’un exceptionnel aplomb.

Il faut reconnaître que la captation rend un hommage total aussi bien aux excellents solistes qu’aux merveilleux timbres du Freiburger Barockorchester (quelle belle ville que Freiburg im Breisgau, soit dit en passant ! Et la vue depuis la Schlossbergturm est tout aussi fantastique que depuis la Space Needle (Seattle). Mais il n’y a pas d’ascenseur).

Au-delà d’une mise en scène hollywoodienne par l’intermédiaire du Zenith, c’est aussi le relief des instruments, leur accomplissement dans l’espace relevant de l’anaglypte qui laisse songeur par l’homogénéité formelle des dimensions et apparences. Un instant splendide ; m’évitant l’ennui à l’audition d’une nouvelle version d’un opéra qui, certes, est historiquement un jalon du romantisme, mais que j’assimile parfois à de l’opérette. Mon seul regret dans la proposition de Jacobs est la scène de La Gorge aux Loups, un peu décevante du fait des chœurs cette fois très réservés, alors que ce suspense de magie noire peut être glaçant ! Le Zenith n’y est pour rien. »

Ben voilà : Aria III non plus.

Car c’est Aria III que nous utilisions à cette étape de l’essai du convertisseur Zenith.

La facilité de l’enceinte à ouvrir la pièce sur un panorama digne du Grand Canyon rappelle que nous avons affaire à une « Grande Enceinte », comparable à de bien plus ambitieuses colonnes de marques renommées ; et encore : peu d’entre elles sauront placer aussi impérativement les musiciens à leur place, dans leur air propre, leur camaraderie, leur conscience artistique.

A ce propos, je laisse une note en bas de page ***

Constat vérifié sur un album diamétralement opposé : Cristal Murray, fille du saxophoniste David Murray, co-fondatrice du groupe influenceur Gucci Gang (« on est bien dans ce qu’on est et dans ce qu’on fait »), et avide des freaks de l’underground, semble copieusement s’amuser à déclamer ses harangues anti-harcèlement.

On peut passer totalement à côté de l’incroyable inventivité minutieuse des arrangements sur le torride Like It Nasty

 

I'm blind, you glowing

Insomnia, we living

You and me grinding

Our bodies, my spaceship

Been shouting, been screaming

Nobody can't hear it…

… Touch my pushy, we’ll be kissing later”

 

… extrait de Twisted Bases, un morceau drôle et sur-vitaminé entre Soul et House, où chaque « fiction sonore » instaure une place bien déterminée dans un théâtre concret, notamment les claquements titanesques de Zeus priapique frappant à la porte d’Hera un soir de biture, placés au millimètre près (sur Aria III) avec toute l’énergie requise au tiers droite et un bon mètre en arrière des évènements principaux.

L’extension dans l’extrême grave est sans contrainte ; les sourires moqueurs de la jeune franco-américaine particulièrement grinçants - même augmentés d’un vocodeur (est-ce Auto-Tune ?) qui pourrait être agaçant s’il ne prenait pas tout son sens provocateur - et une guitare funky à doses homéopathiques impriment une grâce volubile étonnamment subtile sur la chaîne en action !

Attestation de sensations garantie grâce à une mise en onde réalisée par une équipe de maniaques aussi obsessionnels que la préparation de Fred Astaire pour la GENIALE scène dans Royal Wedding où l’elfe volant danse d’un mur à l’autre en passant par le plafond avec l’aisance d’un Farfadet.

Pas d’approximation donc !

Scène sonore :

DIAMs 61 ORANGE

 

hORNS Aria 3 5

Qualité du swing, de la vitalité, de la dynamique :

Bon, évidemment, le disque susmentionné ne peut que susciter l’admiration côté groove.

Sans chercher la moindre idée de paternité, la parole est offerte à Prince et la mésestimée BO de Graffiti Bridge, en vinyle sorti en 1990. Une rupture partielle avec ses collaborateurs d’antan et la première apparition du NPG.

Oui, ben écoutez The Question of U, entièrement joué et chanté par le Boss.

… Non : pas Mon Boss ! Je parle du Kid de Minneapolis !

Lui, au moins, ne me traite pas de « timoré » !

Une page de démiurge où le déhanchement lascif, sexuel, testostéroné, la voix sans hésitation féminine d’un Prince qui n’est rien moins qu’un Empereur ou plutôt un Dieu Vivant tel que le conçoivent les Japonais, vénèrent la mythologie du Groove avec plus que de la sensualité pour atteindre à une déviance déférant à la spiritualité.

Battements cardiaques de la rythmique poussée à fond de tempo par un appui de plomb en fusion, flamboiement de la flûte, vibratos inégalables (combien ont voulu copier ?) d’une guitare redoutablement éloquente, affutée, aussi tranchante de volupté que le Malko Linge fantasmé par son créateur, et cette sorte de lamellophone oscillant, évoquant à lui seul l’inventivité de la Star pour simplement penser à recruter tel instrument dans la vitrine Funk, tout cela magnifié par Aria III avec un contrôle total des ondulations du groove.

Et puis de temps en temps, un petit standard ne fait pas de mal : Aretha Franklin, Lady Soul (1968), Chain of Fools (Don Covay). En vinyle toujours, pressage anglais mono. Il y a des périodes comme ça où on enchaine les microsillons à la queue leu leu.

Eh ben quelle pêche, quelle joie de vivre, cette chère Aretha, pour balancer une chanson dont le texte racontant les duperies de son mec, n’est pourtant pas exactement joyeux ! On est aux antipodes de Crystal Murray. Difficile de résister à la Danse de Saint-Guy que la vigueur soul exacerbée par Aria III injecte dans le cortex…

Sans quitter le vinyle, on s’est amusés à une comparaison entre deux versions d’un autre « énorme » standard : Birdland de Joe Zawinul.

- L’originelle de Weather Report (album Heavy Weather, 1977) et sa fameuse introduction en harmoniques artificielles de Jaco Pastorius.

- La reprise arrangée pour Back on the Block par Quincy Jones en 89 où le producteur star s’est fait plaisir en réunissant une palanquée des musiciens avec qui il avait travaillé dans le passé. Tous ont répondu présent !

Sauf Michael Jackson. L’ingrat.

Qui a passé sa vie à tuer le père.

Ou alors, il avait le Covid.

Pour en revenir à Birdland par QJ : pensez donc, entre l’intro Jazz Corner of the World et Birdland, on entend Big Daddy Kane, Kool Moe Dee, Bill Summer, Nathan East, George Benson, Miles Davis, James Moody, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald et Sarah Vaughn, Ian Underwood et Rod Temperton, Ian Prince, Larry Williams… Bon j’arrête l’énumération quasi-encyclopédique…

Si la version de Weather Report est plus rapide et plus barrée, celle de Quincy est à la fois aussi ordonnée qu’un défilé de cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, impressionnante d’ingéniosités, d’intersections de timbres et figures de swing très marquées de ses prestigieux invités dans une tornade chorégraphique où chaque pointure trouve le moyen de fourbir sa carte d’identité en quelques mesures d’anthologie !

Une fête de plus qui réjouit l’Aria III, enceinte de la vitalité et l’intimité !

Les finesses des dynamiques sont d’autant plus réjouissantes que l’Aria III, en dépit d’un rendement moyen, continue de décrypter et inscrire les signaux subliminaux dans l’espace, ce que l’on aura pu ressentir sans ambiguïté sur les 6 Pièces pour Grand Orchestre Op 6, ainsi que lors d’un exercice dont nous sommes assurément friands, cette fois en comparant Karajan et Levine sur le même Opus, via un Accuphase E380.

Quelle pitié qu’un immense chef comme Levine ait si mal fini entre la maladie et les forts soupçons portant sur lui…

L’énergie déployée est colossale et sans le moindre déséquilibre lors de la somptueuse ascension de la fin du 4ème mouvement qu’il impose au même Berliner Philharmoniker en 1987 que le grand K, dans une lecture moins mystérieuse mais d’une férocité quasi-prophétique !

Autre forme de vitalité qui donne le sourire : The Smile (ouais bon, je ne suis pas fier de celle-là), nouveau projet de Thom Yorke avec l’album A Light for Attracting Attention.

Thom Yorke disais-je, en compagnie de Jonathan Greenwood et Tom Skinner (batteur de Sons of Kemet : on est loin de Radiohead), accompagnés parfois d’un orchestre de cordes et d’une section de cuivres pas fainéante. Confrontation d’univers limite antinomiques, la balade dans les approches stylistiques est plutôt bien dosée et c’est un excellent exercice livré par les Aria III qui savent retranscrire des petites lignes planquées dans le dédale avec une justesse de placement énergétique idéale !

Sur un Tsakiridis Aeolos Ultima.

Enchaîner de Webern à Thom Yorke, faut oser.

DIAMs 6 ORANGEs

hORNS Aria 3 6

Expressivité :

La Sonate n°17 Op 31 n°2 « Sturm » proposée par Lorin Hollander en 1966 (il a alors 22 ans !) restituée par l’Aria III nous laisse médusés !

Ce pianiste méconnu construit chacun des mouvements comme un monument !

Pas au sens de la démesure mais de chef-d’œuvre dans le chef-d’œuvre : chaque parcelle pourrait se suffire, telles les trois Fantaisies de Mozart, par l’intelligence portée sur toute note, parvenant à nous surprendre dans une scie archi-rabâchée, nous élevant dans son apesanteur et son atemporalité en moult instants de sublimité par-ci, une variante rythmique totalement inattendue par-là, un pivotement filigrané de ce côté. Le pianiste américain sait épanouir des effets de teintes croisées d’une rare justesse de ton qui, via Aria III, nous approche de la synesthésie.

C’est absolument divin !!!!

Nous sommes restés muets, longtemps, après un tel bouleversement, il est vrai aidé par une captation trop rare d’un piano qui ne déborde pas, ne métallise pas et est au contraire très contrôlé, mat, faisant d’ailleurs hésiter sur sa facture. Je doute que ce soit un Steinway.

Autre piano, très décontracté, voguant tout en mélancolie souriante : Vague à l’Âme, Jacques Higelin, enregistré partiellement dans le parc du Château d’Hérouville juste au moment du passage du Concorde ; chapitre de poésie simple ; et nostalgie en ce qui me concerne ; quelques souvenirs du Château d’Hérouville et du passage du Concorde ; et de grands jours passés avec Higelin rencontré lors de la post-production d’un film de Nathalie Delon.

Frissons préservés par l’ensemble alors constitué, me ramenant des années en arrière enrichies de pépites que je n’avais jamais remarquées dans le chant des oiseaux, un léger coup de vent, quelques délicatesses de phrasé et de boisé des alto et violoncelle… Un arrêt du temps que je croyais connaître par cœur.

Et enfin, autre choc partagé grâce à la combinaison incluant Aria III : l’écoute en vinyle de l’Adagio « In The Store » (c’est la traduction en anglais) de la Symphonie n°13 Babi Yar de Shostakovich, Bernard Haitink, enregistrée en 1984 avec le Concertgebouw et Marius Rintzler.

Poignante odyssée dans le quotidien héroïque de ces femmes qui, stoïquement, patientent des heures de froidure devant le « magasin » pour se faire dépouiller au moment de payer la maigre ration de rien qui devra suffire à nourrir la famille décharnée…

Rintzler est totalement engagé dans une austère gravité imprécatoire, se gardant, en conteur scrupuleux, de surligner le pathos de cette horreur ordinaire que la douloureuse agonie finale, bourreau aux mains lentes épurant son œuvre, achève en coups de glas magistraux.

Pourtant, cette œuvre, cette version, nous la connaissons…

………

Alors expressivité maximale ?

Non…

Là aussi une étrange ambivalence surgit.

Bien sûr, on est dans le peloton de tête sur ce critère - surtout si on se souvient du prix -, puisque dans le lien profond à l’humain, l’Aria III se situe parmi la petite poignée d’enceintes toutes hiérarchies confondues qui créent une inimitable et troublante intimité.

Sidérante d’engagement, l’enceinte hORNS est un tapis volant nous immergeant dans tous les paysages musicaux du monde, ne nous épargnant rien des beautés ou maléfices du vivant…

Mais elle ne nous livre pas immédiatement, directement, cette implication que nous réclamons haut et fort et obtenons rarement : elle astreint à se poser, s’installer, se laisser lentement happer, embarquer, se détacher du quotidien, du monde, pour caresser l’ivresse des artistes alors sublimés.

Ce n’est pas un défaut ; mais voilà : en même temps (enfin presque) on a écouté (moins longtemps, soit) du même fabricant la FP10.

Or là, cette même connexion à l’âme est si immanente qu’on serait bien embêtés s’il fallait choisir, puisque, à la différence près des « stands » nécessaires à la FP10, les prix sont identiques. D’autant que côté ampli, la FP10 se contente de peu : le meilleur !

D’ailleurs, c’est bien simple, le Boss a exigé qu’on commence par un BE de la FP10, dotée d’une forte personnalité.

Moi pas. Je lui ai suggéré de débuter par la moins facile à maîtriser puisque nous avions le choix.

Pas le même public, sans doute.

Mais bon, sachant que, quand même, on est si rarement servis sur ce critère essentiel pour nous, on ne va pas bouder le bonheur :

DIAMs 6 ORANGEs

 

 

Et c’est franchement pingre.

hORNS Aria 3 7

Plaisir subjectif :

Ben… Quand on peut, pour environ 5 000 €, se faire plaisir avec une paire d’enceintes élégamment proportionnées, dont on peut choisir la finition en sachant que le niveau en est superlatif, le tout pour pouvoir goûter, vivre de l’intérieur, s’enivrer de tout type de musique à quelque niveau que ce soit et même s’offrir du très très grand spectacle, ça mérite quand même d’aller jeter une oreille…

DIAMs 61 ORANGE

 

 

Rapport Qualité/Prix :

Anecdote amusante : un fabricant d’enceintes que nous avons particulièrement aimées (à la retraite depuis peu) venu nous rendre visite (dans l’intention d’une soirée gastronomique) a écouté les Aria. Comme on devait s’y attendre il a émis une ou deux petites réserves de principe, puis a demandé le prix.

Je rétorque :

- à toi de me dire…

- euh, je ne sais pas, mais j’imagine que, avec un pavillon comme ça, une charge élaborée, les qualités musicales, et une telle finition, disons…… 15 ou 18 000 ?

- Non : 5 000.

Les réserves de principe n’avaient dès lors plus tout à fait le même sens.

Alors, à la lecture de tout ce qui précède, on pourrait se dire que le rapport qualité / prix mérite 10 étoiles !!!

 

Oui, mais à une condition : ne pas minimiser le choix des éléments qui l’alimenteront, et ne pas oublier qu’elle procure des sensations, une incarnation - notamment dans le bas du spectre -, qui dépassent largement ses dimensions et son prix.

Un choix de long terme dont on pourra longtemps redécouvrir les vertus à mesure de l’évolution de son écosystème.

Alors, pièce de moins de 20 m², ou petit ampli Cambridge (c’est un exemple !), attention !

Dirigez-vous vers l’Aria II.

On a moins creusé, mais ça a l’air pas mal du tout, dans le même esprit, et plus aisément maîtrisable.

??????+*

De fait, le patron va me suggérer d’octroyer un « Diamant sur Canapé » à cette Perle d’Ambre.

Je ne sais pas. Ça ressemblerait un peu trop à un plébiscite orienté. Oui, Aria III le mérite, mais à condition de remettre la pendule au milieu du village.

  • Hein ? Ce ne veut rien dire !
  • Oui, je sais, patron, c’est nul. Je veux dire à sa juste place et c’est pas facile.

Comment situe-t-on un tel engin ?

hORNS Aria III 9Diam copie

 

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Droit de réponse du distributeur :

 

« le site Lebeauson a choisi de présenter l’enceinte qui, dans la vaste gamme hORNS, est en effet la plus délicate à mettre en œuvre.

Elle mérite largement qu’on s’y emploie car nous sommes d’accord sur un point : correctement servie, elle va bien au-delà de son prix.

Du coup, songez plutôt à l’intégrer dans un système complet ambitieux et transvasez l’économie permise par des enceintes qui, à un peu plus de 5000 € la paire, pourraient valoir bien plus, vers un amplificateur à la hauteur.

Quand même, comme l’a noté le chroniqueur, des amplificateurs pas forcément fous vont pouvoir faire profiter de telles enceintes. Il a proposé Atoll IN300 ou Serblin (ce dernier que nous ne connaissons pas). Ce qui signifie qu’il y en a d’autres.

Mais, si cette approche vous contrarie, n’oubliez pas la gamme « FP », qui réagit au quart de tour sur des amplificateurs de toute type. »

 

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* ah oui, j’y songe : aux Néandertaliens du bulbe que cinquante mots de vocabulaire étouffent, je vous dis m…

 

** que les Néandertaliens nous pardonnent : c’est Pierre Boulez qui s’exprime.

 

*** Le choix de l’anaglypte (ou anaglyphe) n’est pas un hasard : les résultats superlatifs sont obtenus en soignant avec attention le placement des enceintes. Est-ce dû au pavillon ? Non, bien sûr que non, mais au principe même de la stéréo où il faut fixer la phase « devant » la zone d’écoute.

La directivité des pavillons ? Soit, certains pavillons prévus pour porter loin sans affaiblissement couvrent une faible largeur, surtout à proximité. Mais ce n’est pas une vérité absolue et surtout il y a beaucoup à dire sur les fréquentes confusions dans les esprits sur ce qu’est la directivité et surtout les raccords des lobes de directivité entre les différents transducteurs.

Encore un lourdingue précepte d’audiophiles qui ne savent pas de quoi ils parlent et même, ne sachant pas ce qu’est vraiment la directivité, se rengorgent de mots savants tels que Sweet Point.

Quel misérabilisme. D’autant que si ces mêmes donneurs de leçon observaient de prêt les divers développements des pavillons, peut-être comprendraient-ils qu’il y a matière à réflexion plus approfondie.

 

Et pour les obtus, je vais être plus clair : une bagnole dont le moteur aligne 400 cv, ça veut dire quoi si on néglige le poids, la propulsion, le couple, la répartition poids/puissance dudit couple en fonction du format du châssis, et j’en oublie… Rien ! Ça ne veut rien dire !

 

Signé : un donneur de leçons.

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